24/09-04/11 exposition Etoffe, matière, lumière de Véronique Heim

Jérôme Gelès

Jérôme Gelès, artiste inventeur et sculpteur

Biographie

Artiste visuel fasciné par les inventeurs célèbres, Jérôme Gelès s'intéresse à la fabrication du beau depuis son enfance. Dans le garage de ses parents, ses découvertes le mènent sur le chemin de la fantaisie, à grand renfort de catapultes et d'avions en papier.

Diplômé de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris en 2011, il développe son propre langage artistique après une formation dans les ateliers de Tadashi Kawamata et Anne Rochette. Proche de l'art cinétique du néerlandais Theo Jansen, il donne vie à un univers où la jubilation rejoint l'intelligence. Il crée une poésie du mouvement à travers des sculptures volantes. Suite à son séjour en Afrique et à sa formation à l'école d'arts à Kumassi au Ghana, il s'intéresse aux objets du quotidien, au jointage et à la récupération. Ces objets nous rappellent notre enfance : une ombrelle à cocktail, une cartouche d’encre d’écolier, une boîte de sardines. A travers ses figurines réalisées à partir de reliques d'objets du quotidien, l'artiste interroge notre rapport à la modernité en proposant une critique de la société de consommation.

En 2012, l'artiste remporte le Takifuji Art Award à Tokyo, un prix international de jeunes artistes plasticiens et obtient alors une exposition à la galerie Dorothy, la galerie Virgile Legrand. Il reçoit une commande pour le plafond de la station de tramway de Dijon, et participe à l'édition 2014 des Designers' days pendant laquelle il survole Paris avec des drones télécommandés. La même année, l'inventeur fait voler ses sculptures au Palais de Tokyo. En 2015, il présente ses sculptures volantes dont le ballon à hélium à la fondation Louis Vuitton.

En 2018, Mayaro consacre à l’artiste son premier solo show, OVNI.

                                     
 
Jérôme Gelès, OVNI, Mayaro 2018

Exposition à la Galerie Mayaro

O.V.N.I, septembre-octobre 2018

Du 24 septembre au 31 octobre 2018, la Galerie Mayaro accueille O.V.N.I, exposition de sculptures, mobiles et maquettes de l’artiste plasticien Jérôme Gelès. Réunissant une vingtaine d’œuvres, cet inventeur nous fait pénétrer dans son monde imaginaire.

« J’aimerais vous parler d’un philosophe grec, « Empédocle », qui en 495 avant JC , bien avant Darwin, avait sa propre idée sur l’évolution. Il imaginait qu’au début il y avait le ciel et la terre, et qu’à sa surface des organes tels que des bras, des jambes, des estomacs etc. se déplaçaient, anarchiquement. Et qu’au fur à mesure, ils s’assemblaient, ils formaient aléatoirement des êtres vivants. Ceux qui ne pouvaient s’adapter disparurent pour laisser place au plus forts. J’aime cette idée que des objets à priori inanimés puissent s’assembler pour prendre vie. »

D’un côté, le rêve de conquête du ciel: on se laisse emporter par ses sculptures monumentales et pourtant légères à l’extrême, faites de papier, de bois de maquette, et de minutie, flottant dans les airs, diaphanes. Des ballons en envol, des sustentations d’une transparence médusante mues par des ventilateurs radiaux, un objet déjouant la gravité grâce aux champs magnétiques …tout est là pour raconter l’obsession d’Icare, le grand rêve qui coule dans le veines de Da Vinci à Eilon Musk, en passant par les frères Wright : voler, par la force de l’ingénierie humaine.

« J’aime travailler sur l’air, en utilisant des matériaux ultralégers. Le ballon d’hélium permet à la sculpture de flotter dans les airs et le mouvement se crée grâce à plusieurs petits moteurs. Avec l’aide de l’ingénieur Vincent Barzil, nous avons mis au point un nouveau système d’auto guidage qui s’inspire de la chauve-souris. Une arduino (intelligence embarquée) et plusieurs capteurs à ultra-son permettent à la sculpture de se déplacer dans l’espace de manière indépendante. »

De l’autre côté du miroir, on explore les tréfonds de la terre: au sous-sol, on est emporté dans une bataille avec des êtres articulés qui projettent des ombres. L’installation « Les Brosses à Dents », faite de sculptures mobiles toutes montées sur brosses à dents, met en scène des êtres hybrides et rafistolés, qui s’adonnent à diverses chorégraphies. On est à mi-chemin entre le monde des vivants et un univers purement mécanique. Les sculptures sont faites d’objets de recup, une ombrelle à cocktail, un billet de monnaie roumaine, des cartouches d’encre, un citron en plastique. Toutes sont montées sur vibreurs de portable et avancent sur une table en forme de ring, grâce à une énergie d’induction électromagnétique inventée par Tesla. Chacune d’entre elles renferme une petite lampe intérieure. On devine dans les formes et ombres projetées un radeau de réfugiés qui côtoie une danseuse aux pétales de fleurs, une embarcation de fortune et un char d’assaut, dans un combat pour survivre.

Ne reste plus qu’à entrer dans la danse avec elles.

« Le mouvement est créé grâce à un vibreur de téléphone portable et une brosse à dent, les vibrations font déplacer les poils de la brosse à dents sur le sol. Munie de petites lumières, les ombres portées de ces petits êtres curieux formeront un monde fantastique où le vivant et la mécanique se mélangeront dans une chorégraphie qui leur est propre ».

Jerôme Gelès